Les bilans en médecine nutritionnelle
Les bilans en médecine nutritionnelle comporteront d’abord des bilans sanguins et urinaires habituels, mais complets :
Un bilan biologique
- Numération et formule sanguine, plaquettes
- Fer sérique, ferritine, coefficient de saturation
- Bilirubine
- Enzymes hépatiques et pancréatiques
- Ionogramme
- Glycémie
- Cholestérol, triglycérides
- Marqueurs d’inflammation (VS, CRP ultrasensible)
- Vitamines B9, B12, et vitamine D
- Marqueurs de la fonction rénale
- Calcium, magnésium
- Homocystéine
- Cuivre, Zinc, Sélénium
Un bilan hormonal
- Hormones thyroïdiennes, avec recherche d’anticorps anti-thyroglobuline
- Parathormone
- DHEA sulfate
- Cortisol du matin
- Testostérone et SHBG
- Estrogènes et progestérone
Des examens plus spécifiques selon les cas seront demandés :
Le bilan nutritionnel évalue les paramètres les plus souvent altérés dans divers problèmes de santé.
Sont analysés : le profil en acides gras (oméga-3, oméga-6 et acides gras trans), la présence d’un stress oxydant, les taux de cuivre, de zinc, de sélénium, d’homocystéine et la présence d’anticorps contre certains aliments. Le profil en acides gras
Les acides gras, avec le cholestérol, font partie des graisses. Les acides gras poly-insaturés, très importants, jouent plusieurs rôles majeurs pour notre santé : ils contrôlent l'inflammation, l'immunité, la coagulation sanguine.
Notre alimentation est souvent appauvrie, et plus particulièrement en acides gras oméga-3. Dans une prise en charge globale du patient, la correction de leur déficit fait partie d’une approche rationnelle de la dépression et des maladies cardiovasculaires.
Le stress oxydant
C’est un des mécanismes impliqués dans le vieillissement. Son rôle est également évoqué parmi les facteurs étiologiques (l’origine) des pathologies auto-immunes. Il est présent dans toutes les pathologies inflammatoires. Le zinc est le cofacteur de plus de 300 enzymes, le sélénium est le cofacteur d’enzyme de lutte contre le stress oxydant, tandis que le cuivre en excès est nocif et est impliqué tant dans l'inflammation que dans le stress oxydant.
L’homocystéine, facteur de risque cardiovasculaire, peut être le reflet d’un déficit fonctionnel en vitamines B6, B9 et B12 qui sont indispensables pour notre santé. Il s’agit d’un facteur connu depuis les années 50. Son excès traduit un défaut de méthylation, réaction enzymatique vitale, et entraîne un risque accru de phlébites, embolies, infarctus, cancers.
Enfin, les anticorps contre des aliments (IGG) comme le lait ou les œufs peuvent être le reflet d’une digestion incomplète, d’un trouble de perméabilité intestinale, à l’origine d’une inflammation chronique. Ils peuvent être impliqués dans de nombreux problèmes de santé : intolérances alimentaires, allergies multiples, troubles fonctionnels variés (fatigue chronique, fibromyalgies, etc.).
Un bilan des neuromédiateurs (sérotonine, adrénaline, dopamine) est très utile dans les problèmes de dépression, troubles du sommeil, troubles de l’humeur, difficultés d’apprentissage, troubles de mémoire.
Un bilan de la flore bactérienne dans les selles permet de mettre en évidence un déséquilibre de la flore intestinale (dysbiose). Normalement, les bactéries prépondérantes sont des bactéries amies, qui protègent les muqueuses et favorisent l’immunité. En cas de dysbiose, des germes pathogènes prolifèrent, à l’origine de problèmes intestinaux, d’infections, parfois graves. Chez la femme, elle peut être responsable d’infections vaginales ou urinaires à répétition.
Tous ces examens permettent au patient de prendre conscience de l’importance de l’alimentation dans leurs problèmes de santé, et au médecin de prescrire à bon escient des mesures alimentaires et physiques. Ils permettent également de détecter des anomalies qui étaient passées inaperçues, et donc de faire une prévention à un stade très précoce.
Dr Romain Dapsance